Les mots du silence

Voici en quelques mots le pourquoi de ce poème…

Voilà une petite semaine que j’ai envie d’écrire sur un sujet qui me tient à cœur: le monde du silence et la langue des signes. Mais les mots ne me venaient pas ou alors juste par bribe, jusqu’à aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, je me suis rendue compte que j’ai manqué de quelques jours la Journée internationale de la Langue des Signes du 23 septembre, qui a été instaurée en 2018. Bon, tant pis, c’est loupé! Ce sera pour l’année prochaine. Mais, de toute manière, journée internationale ou pas, je pense qu’il ne doit pas être question de date pour communiquer sur le handicap et sur les actions faites pour parvenir à une meilleure intégration des personnes touchées par celui-ci, quel qu’il soit, dans notre société. Je relaye donc cette information (https://www.facebook.com/139403099438520/posts/2710631828982288?sfns=mo) avec le poème qui suit.

 

« Des doigts et des mains de leur danse,

Chorégraphie enivrante de sens,

Esquissent les mots du silence.

Des mots aussi vivants qu’artistiques.

Danse des mains universelle et pratique

Pour ceux qui en connaissent les pas.

Encore trop de gens les pensent

Réservés uniquement aux enfants du silence.

Pour qu’un jour chacun de nous connaisse les pas de cette danse

Offrons à tous les enfants cette chance. »

 

 

Langue de gestes

Signes en tête

France de demain

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 27 septembre 2019.

Il pleut des perles

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© cocoparisienne – Pixabay

Comme il pleut

Sur les champs

Des gouttes d’argent

Il pleut

Sur ma vie

Des perles d’amour, des perles amies

Sur mon chemin déposées

Telles des grêlons irisés

Desquels jaillissent, au premier rayon du soleil

Échappé de derrière un épais nuage sans pareil,

Autant d’arcs-en-ciels

Arches bienveillantes substantielles

Éclairant sans cesse ma route

Chacune à sa façon

Quand je doute

Quand je me morfonds

Quand je ris

Et quand je pleure aussi…

***

A toutes les perles qui comptent si fort dans ma vie

Mon amour, notre enfant, nos deux familles unies

Sans oublier mes amis

Ce poème je dédie…

 

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 26 septembre 2019.

Poumon en feu

Feu de forêt en Amazonie © SudOuest

Arrêtez cette torture! Je suffoque! s’écrie la Terre.

Mon pauvre poumon vert!

Arraché, lacéré, piétiné, vidé, brûlé,

Zona douloureux se propageant sur ma peau de verdure ébranlée.

On me pille, on m’étouffe, on me torture! Mais qu’ai je fait pour mériter pareil châtiment?

Non, je ne veux pas souffrir. J’ai tant de choses à vous offrir, gracieusement.

Il me faut juste du temps pour me reconstruire, même si mon corps et mon cœur sont résilients,

Et ce poumon grâce auquel je respire, tout comme vous et des millions d’êtres vivants.

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 25 septembre 2019.

Soutien à Brigitte Janssen, poète à la recherche d’un toit…

Affronter chaque jour la faim, la chaleur ou le froid,

La solitude et l’indifférence qui rongent.

Demain semble n’être qu’un songe

Pour ceux qui n’ont pas de toit.

A vous Brigitte,

A la belle plume libérée

Je souhaite qu’au plus vite

Demain devienne réalité.

Que le flot vivant de vos jolis mots

Couchés sur le papier

Délave la toile grise de vos maux

Et dépose sur votre chemin bonheur et foyer.

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 23 septembre 2019.

Retrouvez l’histoire de Brigitte Janssen sur le lien suivant:

https://www.facebook.com/Brigitte-Janssen-2667879336574569/

Avec tout mon soutien pour vous Brigitte et toutes les personnes comme Zaccharia qui vous accompagnent dans cette aventure. J’ai hâte de vous lire!

Triste vie d’un tournesol

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En cette période de récolte des tournesol, je dédie ce poème à ces malheureux adorateurs du soleil..

 

 

 

 

 

Tu étais si beau, si rayonnant à l’été

De, feu, ta couronne aux pétales d’or coiffé.

Toi et tes nombreux voisins à ton air pareils

Nappiez d’un voile de lumière

La campagne dorée de soleil.

Aux premières lueurs, chaque jour,

Tu faisais tourner, fièrement toujours,

Ta tête girouette

À la poursuite de ton idole.

Vaine quête.

Patient, l’attitude altière,

Port dressé dans ton corps vert,

Tes petits bras étaient ouverts prêts à l’accueillir,

Mais lui, l’astre, le puissant, se contentait

De t’inonder de sa belle lumière et insidieusement te brouir*.

Fatigué par tant d’effort, éphémère couronne d’ambre,

Te voilà ternis quand vient septembre.

Nostalgique de ta superbe envolée,

Ton allure est triste et sombre : les bras ballants, la tête tombante.

Et on te laisse ainsi, sans pitié, rachitique et voûté, avant de te couper le pied.

 

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 21 septembre 2019.

 

*Brouir: brûler, dessécher

Essai – Félines pupilles

Fentes tirées à l’oblique, virgules,

Traces de fusain sur la toile du pelage tigré.

Chat immobile sommeille.

 

Puis, apparaissent par intermittence

Fines ellipses sombres striant le cœur de deux petites émeraudes.

Chat serein surveille.

 

Et, soudain, éclipse totale,

Soleils noirs obscurcissant deux petits cieux de jade.

Chat joueur s’éveille…

 

 

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 20 septembre 2019.

Sylvaine Reyre, Auteure et poétesse

Voyage, nature, simplicité, engagement sont les premiers mots qui me viennent quand je lis les ouvrages de Sylvaine. En approfondissant un peu, on y découvre très vite l’importance de l’océan et du corps, et la relation presque intime qui les relie à travers l’esprit de l’écrivaine et poète.

L’océan est vu comme une source de vie, d’inspiration, de rythme, mais aussi comme un confident aux humeurs changeantes, accueillant à bras ouverts le flot des mots/maux silencieux dans le roman Les Bottes.

Le corps, nu, haut-lieu de souffrances comme de plaisir, est sublimé par une communion avec les éléments naturels très joliment dépeinte dans Nue, recueil de poésie.

FullSizeRenderTantôt voyage autour de la Méditerranée, tantôt simple promenade insouciante sur une plage sable fin de Charente Maritime, la lecture de ce recueil est une aventure. C’est comme se promener à travers une exposition de tableaux vivants, en plein air, permettant d’admirer les couleurs, les formes et contours des sujets et des paysages.

Dans un style pur et intime, la poétesse s’offre nue sous toutes les couleurs habitant son cœur et son esprit. Des couleurs inspirées par la nature et déclinées selon ses nombreux éléments : la terre, la mer, la pierre. Tout comme dans son roman Les Bottes, l’océan tient une place de choix dans Nue, tel un décor de théâtre animé, il donne le rythme, met en mouvement les émotions et sentiments entremêlés au fil des mots. Ces derniers, si bien choisis, simples et beaux, insufflent une vie dans chaque page : vie de voyages, de labeur, de souffrances, de contemplations, d’engagement, de simplicité…

lesbottes_1redecouvLes Bottes, le premier roman de Sylvaine, s’inscrit dans le même esprit que Nue. Ce roman poignant au rythme varié et à l’écriture riche de sens est une expérience à vivre : originale, profonde et intemporelle. Sa lecture, nous transporte dans le tumulte de la vie de trois personnages dont le destin est relié par un lourd passé et la présence de l’océan, tantôt toile de fond, tantôt confident, tantôt spectateur. Dans un concert littéraire, les trois voix des personnages s’expriment de toute leur force, se répondent, s’affrontent, entraînant à leur suite la cohorte de sentiments magnifiquement exprimés par les mots. Ces derniers sont agencés en une écriture simple, sincère, vibrante et incarnée, caractéristique du style de Sylvaine Reyre.

Plus d’informations ici sur les ouvrages de Sylvaine.

  • Nue, recueil de poésie, les éditions du Sable-fin, sept. 2015. Prix du salon CITA’Livres du Château d’Oléron 2016 et Prix Poésie Georges Bonnet de la SAPC 2016.
  • Les Bottes, roman, Édita la Fabrique de Livres, avril 2018. Premier ouvrage de la nouvelle Collection A Mots Ouverts.

Passionnée et passionnante, Sylvaine met son talent au service de ceux qui, comme elle, aiment les mots et souhaitent simplement retrouver le plaisir de les manier ou bien qui ont un projet plus précis (roman, recueil de nouvelles,…). A Mots Ouverts, ce sont des ateliers d’écriture conviviaux organisés à Rochefort-sur-Mer (17) déclinés en plusieurs formules, selon le projet de chacun :

A Mots Ouverts c’est aussi une toute nouvelle collection dont Sylvaine assure la direction littéraire depuis octobre 2018. Elle en est d’ailleurs à l’origine avec la maison d’édition Edita La Fabrique de Livres. Je vous invite à découvrir ci-dessous les titres et couvertures des tout premiers romans de cette belle collection. D’un simple clic sur les titres vous aurez accès à tous les détails sur chaque ouvrage via le site de la maison d’édition.

Les Bottes, roman de Sylvaine Reyre.

Quai de l’île sonnante, roman d’Ivan Maurer.

La comedia de l’oubli, roman de Maria Ribeiro.

Je ne dirai plus son prénom, roman d’Anita Warmel.

L’effet miroir, témoignage de Bruno Romez.

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Pour aller à la rencontre de Sylvaine Reyre, n’hésitez pas à lui rendre visite sur son site WordPress A Mots Ouverts.

Si longue est l’attente…

Si longue est l’attente

En ce dernier mois,

De ta venue au monde,

Mon tout petit.

 

Douce impatiente

Je compte les longs jours

Qui nous séparent de notre rencontre.

Cette rencontre déjà rêvée, imaginée,

Pourtant unique, symbolique,

Imprévisible…

 

Je te sais bien au chaud,

Lové en moi, nourrit à volonté,

Grandissant à ta guise,

Bercé par nos voix, nos caresses et les battements de mon cœur.

Mais la hâte de te découvrir,

Ne me quitte pas…

 

A présent, chacun de tes mouvements,

Soulèvent la fine peau de mon ventre arrondi.

Cocon étroit devenu.

Mer agitée

De vagues de bonheur

Mère habitée

Par un océan de tendresse

Qui deviendra grand fleuve, Amazone,

S’écoulant dans le berceau de mes bras

Te serrant tout contre mon cœur

Source magique d’un amour éternel…

 

Clémence  Gdrd, D’encre et de graphite, 15 septembre 2019.