Naissance d’un coquillage

Les premières vagues s’élevèrent sur le rivage
arythmiques, irrégulières
puis elles se rapprochèrent, s’intensifièrent
chacune grimpant plus haut que l’autre sur la plage.

Épisodes de tempêtes et d’accalmie alternaient,
au rythme du ressac.
Le ventre de la mer se gonflait
son cri résonnait
porté par le vent fort qui soufflait
creusait les vagues, violentes
sans cesse plus hautes.
Puis elle se retira un instant
loin sur l’estran
et son cri dans le vent s’apaisa
jusqu’à la prochaine salve.

Le phénomène se répéta
mainte et mainte fois
des heures durant.
Et son cri toujours
résonnait dans l’immensité.

Quand son ventre gonflé
se fut suffisamment dilaté
par une dernière vague
immense, raz-de-marée
dans un ultime hurlement
porté par le vent
le voile de sa peau translucide se déchira
une onde déferla avec grand fracas
lâchant un souffle sonore et puissant
qui mêla mille grains de sable à ses flots mousseux blancs.

Quand enfin le calme revint, olympien
apaisée, corps cristallin serein
l’eau léchait tendrement le rivage
caressant la peau nacrée
d’un petit être sur la plage.
Lové dans un écrin de sable
un coquillage rose s’éveillait.
petite merveille,
baignée de soleil.

Jour et nuit
la mer veillait
s’étirait jusqu’au berceau
de son petit bigorneau
l’enveloppait de son voile
sous une pluie d’étoile
le nourrissait, le berçait de ses flots.

Précieuse vie engendrée
précieuse vie choyée
qu’elle verrait s’épanouir
sur le corps granuleux de cette grève
dans un proche avenir
et qui souvent, elle l’espérait
contre sa peau cristalline reviendrait
se blottir.

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© Kati – Pixabay

Clémence Gdrd, D’encre et de Graphite, 24 mars 2020.

Héros des temps modernes

Blouses blanches sur le front, pour sauver la nation,
Armés de courage et de détermination.
Recevez soutien et admiration
Chacun, pour votre précieuse contribution,
Votre bel engagement et votre sérieuse implication.
Parfois même au prix de votre santé, peu importe la situation.
Veiller, soigner, sauver. Tel est votre blason!
En ces temps de nécessaire compassion.

Camionneurs sur les routes de France,
Seuls, armés de patience.
Recevez soutien et reconnaissance,
Chacun, pour votre obligeance,
Votre motivation, votre allégeance
À ce pays que vous traversez en tous sens.
Conduire, acheminer, d’un point A à un point B. Vous tenez la distance !
En ces temps de crise et de décroissance.

Artisans, commerçants, employés de magasins, pharmaciens,
Au service de leurs concitoyens.
Recevez respect et soutien.
Chacun, pour ce que vous faites pour notre bien.
Nous permettre ravitaillement et soin au quotidien.
Même pour ceux qui manquent de moyens.
Travailleurs acharnés, vous poursuivez, sans broncher, l’air de rien.
En ces temps où la solidarité est nécessaire, ô combien.

 

Pour tous ceux qui sont, par cette crise mondiale, mobilisés

Et de leurs familles éloignés,

une médaille de courage et un immense MERCI…

Pour tous les malades en quarantaine,

une guérison prompte et sereine…

Pour les sans abris, 

Seuls dans l’oubli,

une douce pensée aussi…

Pour tous les confinés solitaires,

une pensée solidaire…

 

Puissent ces mots leur insuffler la force nécessaire,

Pour sortir sains et saufs de cette sombre galère…

 

Clémence Gdrd, D’encre et Graphite, 20 mars 2020

Quai de l’Enfance

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© Tuhin khamaru

Entrée en Gare de la Naissance

Wagon attrapé, train en marche, Quai de l’Enfance

Embarquement immédiat pour un voyage tumultueux, entre tempêtes et jouissances

Nulle idée de la destination, aveugle itinérance

Novices en pèlerinage, vers les portes du pays de l’Insouciance.

 

Clémence Gaudard, 19 Mars 2020, D’encre et de graphite

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