Caroline

Après des années de silence, les mots me sont enfin venus.
Triste évidence.
Slam qui clame une injuste réalité, parmi tant d’autres.
Quête de sens ?
Les mots ont jaillit dans mon esprit, comme un liquide gazeux trop longtemps contenu,
Puis ont coulé, fluides, sur le papier.
Ils te sont destinés, où que tu sois…

Caroline

Je me souviens de cette petite fille aux grands yeux noisette,
Curieuse d’apprendre et pleine de vie.

Mon amie, tu n’es plus…
Parce qu’à l’orée de ta vie, un mal insidieux a décidé brutalement de ton sort.
Il t’a rongé jusqu’à la sève.
Pourtant tu l’as combattu du haut de tes douze ans avec un immense courage.
Mais ce salaud a été plus fort que toi,
Frêle bouton de rose qui ne demandait qu’à s’épanouir dans la lumière.
Saleté de maladie ! Fléau sans pitié ! Il a noirci ton ciel d’une encre indélébile et t’a fauché sur pied.
Il t’a arraché à la Terre, à tous ceux qui t’aimaient et t’aiment encore.
À commencer par ta famille, à qui, je sais, tu manque cruellement.

Ce jour-là, je m’en veux de ne pas avoir été là. Ce jour-là, une tempête est venue dévaster mon cœur.
J’ai crié à l’injustice, avec mes mots d’enfant mais n’ai reçu pour toute réponse que l’écho de ma peine.
Alors que je progresse sur le chemin de la vie, et que la tempête en moi s’est apaisée, petit à petit,
Mon cri subsiste, fort et puissant.
Et toujours l’écho revient, saisissant.
Au doux souvenir de ton visage d’enfant qui m’accompagne chaque jour, se mêle parfois le sel de mes larmes.
La brèche dans mon cœur restera béante et rien ne pourra jamais la suturer.
Rien ne pourra combler le vide de ton absence.

Mon amie, tu n’es plus mais tu vis en moi
Comme une flamme qui réchauffe mon cœur.
Depuis ce jour noir que j’aurai voulu ne jamais voir venir,
Tu existe par le souvenir du lien qui nous unissait,
Notre amitié simple, nos jeux de gosses et notre belle complicité.
C’était beau, le temps de l’innocence.

Ce temps qui à ta mort a fuit de ma vie comme un animal sauvage effarouché.
De la petite fleur que j’allais devenir,
Quelques pétales se sont fanés.
À jamais.

Clémence Gdrd, D’encre et de graphite, 27 avril 2021.